Explications sur la « Loi de Sécurité Nationale » à Hong Kong – [VIDEO] {English Below & English subtitles}

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Depuis le 30 juin 2020, une nouvelle législation dans le cadre de la sécurité nationale du territoire de Hong Kong a été mise en place. Celle-ci empiète directement sur la déclaration conjointe sino-britannique du 1er juillet 1997, soit exactement 23 ans après la création «d’un pays, deux systèmes».

LES ORIGINES

La déclaration conjointe sino-britannique a lieu dans le contexte de l’expiration attendue du bail des Nouveaux Territoires le 1er juillet 1997. Le bail avait été négocié, par la Convention pour l’extension du territoire de Hong Kong, entre le Royaume-Uni et l’empereur de Chine Guangxu et s’étendait sur une période de 99 ans à partir de 1898. Au moment de la signature de ce bail, l’île de Hong Kong avait déjà été cédée au Royaume-Uni à perpétuité sous le Traité de Nankin en 1842 après la première guerre de l’opium, et la péninsule de Kowloon avait été également cédée au Royaume-Uni à perpertuité sous la convention de Pékin en 1860 après la deuxième guerre de l’opium.

À l’époque, la signature de la déclaration conjointe par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher a fait l’objet d’une controverse en Grande-Bretagne : certains s’étonnèrent de ce qu’un Premier ministre de la droite du parti conservateur courbe l’échine face au gouvernement communiste de la Chine en signant un tel accord avec son dirigeant Deng Xiaoping.

Cependant, de nombreux analystes ont remarqué que la Grande-Bretagne n’était pas dans une position de force pour la négociation. Hong Kong n’est pas défendable militairement et reçoit la plupart de ses approvisionnements alimentaires et en eau de la province du Guangdong, situé en Chine continentale. Sans accord préalable, l’infaisabilité de diviser Hong Kong [selon les lignes de démarcations dans les traites de cession] et la rétrocession uniquement des nouveaux territoires à la RPC en 1997, était une évidence : l’aménagement du territoire de Hong Kong, qui avait intégré les Nouveaux Territoires dans un même ensemble urbain, rendait impossible une séparation qui impliquait l’établissement d’une frontière (les lignes de métro passaient d’une zone à l’autre, le futur nouvel aéroport était dans les nouveaux territoires, etc). C’est pourquoi, il serait apparu incontournable de restituer à la Chine la totalité du territoire de Hong Kong. L’on considérait ainsi qu’il était économiquement irréaliste de diviser Hong Kong en 1997 en laissant au Royaume-Uni le contrôle sur l’île de Hong Kong et sur Kowloon et en retournant à la Chine les Nouveaux Territoires, même si les traités inégaux le permettaient.

Du fait que les durées des hypothèques immobilières à Hong Kong étaient d’environ 15 ans, l’absence d’accord préalable sur le futur de Hong Kong au début des années 1980 aurait pu engendrer un effondrement du marché immobilier, entraînant un effondrement éventuel de l’économie de Hong Kong bien avant la rétrocession. L’incertitude sur les baux immobiliers dans les Nouveaux Territoires était également une problématique urgente à ce moment-là.

CONTEXTE ACTUEL

Il semble que l’amendement de la loi d’extradition de 2019, qui a engrangé les mouvements massifs à Hong Kong en Juin 2019, n’était qu’un brouillon mais aussi un permis pour la Chine d’imposer des lois beaucoup plus liberticides.
Pour rappel, l’amendement de la loi d’extradition fait suite à une histoire de coeur entre deux Hong Kongais en voyage à Taïwan qui a mal tourné :
CHAN TONG-KAI assassina sa petite amie POON HIU-WING dans une chambre d’hôtel à Taiwan, et retourna à Hong Kong juste après.
Lorsque Taïwan demanda le rapatriement de l’auteur du crime pour être jugé et condamné sur l’île, Hong Kong refuse, sous couvert de l’impossibilité d’arrêter une personne n’ayant commis aucun crime sur le sol de Hong Kong.
Bien que quelques semaines plus tard, CHAN accepta de se rendre aux autorités taïwanaises, le gouvernement de Hong Kong refusa de laisser pénétrer des représentants de Taïwan dans le territoire, indiquant qu’aucune loi ne leur permettait. Taïwan refusa également de laisser les autorités de Hong Kong mettre pied sur leur sol car la présidente TSAI ING-WEN fait preuve d’une défiance de plus en plus accentuée envers la Chine et surtout envers le Parti Communiste Chinois et son président XI JINPING.
Suite à cette difficulté, la loi d’extradition est proposée par la cheffe du gouvernement de Hong Kong CARRIE LAM et connaît une impopularité grandissante entre les mois d’avril et de juin, avant de finalement se transformer en grandes manifestations que l’on connaît aujourd’hui à Hong Kong.
Une pensée populaire au sein de Taïwan dit : « La situation de Hong Kong aujourd’hui, c’est celle de Taïwan demain », et par ce fait, les citoyens tout autant que les politiques montrent énormément de bienveillance et de soutien envers la population hongkongaise.

Après que le projet d’extradition ait été « enterré » en septembre 2019, les manifestations à Hong Kong ont continué sous 5 revendications majeures :

  • Mise en place d’un suffrage universel pour choisir les chefs de gouvernement.
  • Enlever le terme « émeutiers » qualifiant les manifestants de Hong Kong, et permettant ainsi des arrestations beaucoup plus nombreuses pour des motifs minimes.
  • Création d’une commission externe et indépendante pour enquêter sur les violences policières durant les manifestations et les évènements « louches » depuis Juin 2019 (suicides non expliqués, disparitions, tortures…)
  • La démission de la cheffe du gouvernement Carrie Lam et la libération de tout les manifestants sans poursuite judiciaire.
  • Retirer la loi anti-masque, qui interdit à tout manifestant de dissimuler partiellement ou entièrement leur visage.

De Juin 2019 et encore aujourd’hui, Hong Kong a connu une période ininterrompue de manifestations quasi-quotidienne, souvent émaillée de violences dans les deux camps. Pour répondre à ce trouble à l’ordre publique, le Parti Communiste Chinois a promptement rédigé un brouillon d’une nouvelle législation qui a été votée le 29 mai 2020 à l’occasion de l’Assemblée Nationale Populaire de Chine à la quasi-unanimité. Son contenu exact est resté secret, même pour la cheffe du gouvernement de Hong Kong CARRIE LAM, jusqu’au jour ou elle a été appliquée, le 30 juin 2020, veille de l’anniversaire des 23 ans du traité sino-britannique.

Cette loi, c’est celle de la Sécurité Nationale

Explication vidéo de la Loi sur la Sécurité Nationale

Explaining the National Security Law in Hong Kong

Since June 30th 2020, a new legislation has been set for the national security in the territory of Hong Kong. This directly impinges on the Chinese-British Joint Declaration of 1 July 1997 (also known as « The Handover » ) exactly 23 years after the creation of « one country, two systems ».

ORIGINS

The Chinese-British Joint Declaration takes place in the context of the expected « lease expiry » of the New Territories on the 1st July 1997. The lease had been negotiated, by the Convention for the extension of the Hong Kong territory, between the United Kingdom and the Emperor of China Guangxu and extended for a period of 99 years from 1898. At the time of the signing of that lease, Hong Kong Island had already been ceded to the United Kingdom for ever according to the Treaty of Nanking in 1842 after the First Opium War, and the Kowloon Peninsula had also been ceded to the United Kingdom in perpetuity under the Beijing Convention of 1860 after the Second Opium War.

At the time, the signing of the Joint Declaration by the Conservative government of Margaret Thatcher was controversial in Britain: some people were surprised that a right-wing Conservative Prime Minister would bow to the Communist government of China by signing such an agreement with its leader Deng Xiaoping.

However, many analysts noted that Britain was not in a strong negotiating position. Hong Kong is not militarily defensible and receives most of its food and water supplies from Guangdong Province, located in mainland China. Without prior agreement, the imposssibility of dividing Hong Kong [according to the demarcation lines in the cession treaties] and the handover of only the new territories to the PRC in 1997 was obvious: the territorial planning of Hong Kong, which had integrated the New Territories into a single urban area, made it impossible to separate the two territories, which would have meant establishing a border (the metro lines were passing from one area to another, the future new airport was in the New Territories, etc.). This is why it would have seemed unavoidable to return the entire territory of Hong Kong to China. It was thus considered economically unrealistic to divide Hong Kong in 1997, leaving the United Kingdom with control over Hong Kong Island and Kowloon and returning the New Territories to China, even if the unequal treaties allowed it. Because the terms of mortgages on Hong Kong property were about 15 years, the lack of prior agreement on the future of Hong Kong in the early 1980s could have led to a collapse of the property market, resulting in the eventual collapse of Hong Kong’s economy long before the handover. Uncertainty over real estate leases in the New Territories was also an urgent issue at that time.

CURRENT CONTEXT

It seems that the amendment of the 2019 extradition law, which led to the mass movements in Hong Kong in June 2019, was only a draft but also a licence for China to impose much more binding laws.

As a reminder, the amendment of the extradition law follows a love affair between two Hong Kongers on a trip to Taiwan that went wrong:

CHAN TONG-KAI murdered his girlfriend POON HIU-WING in a hotel room in Taiwan, and returned to Hong Kong right afterwards.

When Taiwan requested the repatriation of the perpetrator to be tried and sentenced for his crimes on the island, Hong Kong refused to cooperate, on the basis that it was impossible to arrest a person who had committed no crime on Hong Kong soil.

Although a few weeks later CHAN agreed to surrender to the Taiwanese authorities, the Hong Kong government refused to allow Taiwanese officials to enter the territory, stating that there was no law allowing them to do so. Taiwan also refused to let the Hong Kong authorities set foot on their soil because President TSAI ING-WEN is showing an increasing mistrust towards China and especially towards the Chinese Communist Party and its President XI JINPING.

Following this complicated arrangements, the extradition law is proposed by the head of the Hong Kong government CARRIE LAM and experiences a growing unpopularity between the months of April and June, before finally turning into the large protests we know today in Hong Kong.

There is a popular thought in Taiwan that says: « The situation in Hong Kong today is the situation in Taiwan tomorrow », and as a result, there is a great deal of goodwill and support for the Hong Kong people from both citizens and politicians alike.

After the extradition project was « buried » in September 2019, demonstrations in Hong Kong continued under five major demands:

  • Establishment of universal suffrage to choose the heads of government.
  • Removing the term « rioters » qualifying the Hong Kong protestors, allowing police to arrest more people for minor events.
  • Creation of an external and independent commission to investigate police violence during demonstrations and « shady » events since June 2019 (unexplained suicides, disappearances, torture…).
  • Chief executive Carrie Lam stepdown and free the protestors and drop all the charges
  • Remove the anti-mask law, which prohibits any demonstrator from partially or completely concealing their face.

From June 2019 to the present day, Hong Kong has seen an uninterrupted period of almost-daily protests, often with violence on both sides. In response to disturbance to the public order, the Chinese Communist Party promptly drafted new legislation which was passed on the 29th of May 2020 at the People’s National Assembly of China with near unanimity. It’s exact content remained secret, even to the Hong Kong head of government CARRIE LAM, until the day it was implemented on 30 June 2020, on the eve of the 23rd anniversary of the Sino-British treaty.

This law is the National Security Law

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